Parmi mes camarades de classe il y avait des grands et des petits,
leurs cheveux étaient blonds, roux ou noirs, bouclés
ou non. Leurs yeux étaient bleus, verts ou bruns. Beaucoup
portaient des noms typiquement allemands tels que Auspert, Waltener,
Everling, Karlshausen, Mulhausen, Mauer, Schmitz, Schmicratz,
Reuter, Kirsch, Mueller, Birenbaum, Funck etc. Il y avait des
noms de la région tels que Hollenfelz, Barnich. Il y avait
des noms à consonnance francophone, tels que Grévisse
(Crayfish), Magdonelle (McDonald) et Grimonster (Graymonster)
et des noms très francophones tels que Flohimont, Bieuvelet,
Labranche ou Jacquemart.
On nous enseignait que nos ancêtres étaient des
trévires. Mes ancêtres venaient de Coblence et Heidelberg,
des Trévires au sens large. Je n'osais rien dire, un peu
honteux de mes origines exotiques, jusqu'au jour où je
me suis rendu compte que nos ancêtres à tous n'étaient
pas des gaulois, mais des francs. Pire, les gens migraient !
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On
nous enseignait des stupidités. Il y avait dans les ministères
de Bruxelles des fonctionnaires racistes qui mettaient n'importe
quoi dans les programmes forçant ainsi nos instituteurs
à nous raconter des âneries. On ne nous apprenait
pas l'Histoire, mais on nous racontait des histoire. A mon avis,
l'histoire est une science un peu comme la météo.
Les bons trévires, ces grands gaulois à la tresse
bonde et aux yeux bleus, ressemblent à s'y méprendre
aux bons aryens dont parlaient nos voisins. Qui sont ces Belges
courageux dont parlait Jules Caesar.
J'ai enseigné au Congo. Un jour un médecin congolais
m'a dit que dans son école, en brousse, les pères
de Scheut lui avaient appris que ses ancêtres étaient
des gaulois blonds aux yeux bleus. Dans un souci d'économie
on donnait aux africains les mêmes livres qu'à nous.
On leur prenait leur uranium et leur cuivre et en échange
on leur refilait nos invendus.
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